Confession d'un rat.
Je m'ennuie ferme. J'essaye de comprendre l'obstination que j'ai de me mettre en échec.
Pourquoi ai je si peur de réussir ?
Quelque soit le niveau de la réussite ?
Mon père m'a écrasé, il m'a toujours rabaissé.
Il répondait à ma mère qui préférait ses enfants à son mari.
Nous avions les mille grâces qu'il n'avait pas.
Quand le père partait, la mère se défoulait sévérement, et nous n'étions plus que des sales gosses incapables de la satisfaire entièrement.
En partant le père partait avec son sexe, en laissant seule la mère avec ses gamins au pénis récalcitrant.
Je n'ai jamais pu combler ma mère, aucun n'enfant ne le peut, mais ma mère s'est obstinée à nous faire croire que nous le pouvions.
Nous n'étions que des objets insatisfaisants du point de vue du père et de la mère: doublement castrés.
Mon frère lui mangeait tout ce qu'on lui donnait, c'était sa manière à lui de presque la combler. Moi, je devais la rassurer, la protéger. Le père lui avait le seul droit d'être sexué...hai et désiré.
A douze ans, je me persuade que Dieu va venir me chercher, et que j'en aurais fini avec cette vie là.
J'explique à mon frère qu'il devra dire à mon père et à ma mère, et si possible ensuite au monde entier quel être exceptionnel je fus (Quand on a pas le droit d'avoir un sexe on l'imagine très très grand).
D'où me vient que petit je me suis persuadé d'avoir un destin et un talent...pour compenser quel déséquilibre ?
Je serais acteur puis metteur en scène. Souvenir de mon père à Palavas les flots me disant que pour être acteur il faut être beau.
Regard à l'horizon déjà Rimbaldien: il verra.
Je ne suis pas mort à douze ans. Dieu ne m'a pas fait venir à lui. Après une tumeur au cerveau à 16 ans, le divorce de mes parents, je me retrouve seul.
Mon père me voit en cachette, sa nouvelle femme ne m'aime pas.
Ma mère vit au Maroc et nous nous parlons plus.
Mon père s'est servi de moi pour punir ma mère du divorce.
Ma mère a tenu à m'éloigner pour refaire sa vie.
J'étais dangereux, enragé, selon l'expertise de son avocat.
Quand ma mère reprend contact avec moi après qu'elle ait eu un enfant avec son nouveau mari; je conditionne inconsciemment nos retrouvailles au fait que ma mère soutienne mon désir de devenir écrivain. Brusquement je redevenais le gamin génial, le gosse talentueux, et ce talent je lui devais car elle avait toujours voulu écrire, faire une carrière brillante....elle se rappropriait le truc.
Ce n'est pas mon talent, c'est le sien. Je pouvais avoir du talent, elle pouvait bien me le dire, me le faire croire, jouer le jeu, à condition que je reste encore l'enfant sans sexe: "Si tu avais eu un sexe, je n'aurais pas eu à souffrir de mon mari". Voilà la trame...
La réalité c'est que je suis le seul à avoir cru en moi, et de manière d'ailleurs parfaitement imaginaire, puisqu'il fallait que je m'attribue d'une fonction, d'un membre, et puis, j'ai travaillé pour essayer de rattraper la réputation que j'imaginais devoir avoir. J'ai travaillé pour me dire que j'avais quelques possibilités en tant qu'être sur cette terre. Mais l'écriture ne vous donne pas un sexe. L'écriture me laissait dans le projet de la mère, de m'imaginer homme sans avoir l'autorité de l'être. Réussir exige que vous soyez défini sexuellement. Je suis indéfini.
On a besoin d'autres regards sur soi que ceux de l'imposture familliale. Les femmes qui m'ont eu dans leur vie, dans leur lit, dans leurs corridors, tout en ayant parfaitement vérifié que j'étais membré d'un sexe d'homme, (il faudrait leur demander), en s'en étant amusé, joyeusement, et régalé, ne pouvaient être ensuite que rejetées, déçues par mon comportement de non homme, jamais aimées (elles elles avaient mon sexe, en jouissaient mais elles n'auraient pas mon amour), en permance contredite sur ce que je leur laissais entrevoir...
Réussir, c'est pouvoir, pouvoir, c'est admettre que la mère se trompait, qu'elle se trompe et que l'inceste dont j'étais menacé, et auquel je répondais en me dissociant de mon sexe, de ma sexualité, de mon corps...n'est plus qu'une ombre sans consistance.
Revue de Presse:
Zemmour qui voit dans les Pédagogistes les meneurs manipulateurs pervers des manifestations de jeune.
Sa ferveur pour un retour pédagogique d'avant 68. Zemmour qui ne conçoit pas que l'autoritarisme d'antan ne colle pas avec l'époque. Les violences des jeunes ne sont pas celles d'hier.
Les pédagogies post 68 sont excellentes en tant que tel mais non adaptées aux réalités comportementales des jeunes d'aujourd'hui.
Pour autant un retour aux vieilles méthodes ne donneraient rien.
Avant les années cinquante l'autorité imposait respect et savoir. Après 68, on s'appuie sur l'idée (théorique) que l'enfant, l'adolescent doit solliciter le savoir, qu'un savoir est un échange et non un rapport de force (en réalité cette approche n'a jamais pu être appliquée, du fait d'une contradiction avec les impératifs des programmes).
Avec le virage du siècle et une ressurgence et augmentation des incivilités, l'élève d'aujourd'hui (surtout dans les zones en difficulté) a de plus en plus de mal à être solicité sur son désir de connaissance.
Vient-il seulement en classe pour apprendre. Lécole est un terrain de construction identitaire, un terrain de jeu et de chasse, accessoirement de savoir.
Le problème ne vient pas de l'élève qui investit ce qui semble pour lui porteur pour sa vie de demain.
L'époque a et continue de discrétiter le savoir (ignorance des élites). Ce que l'enfant perçoit parfaitement ?
Que sont les exemples de réussite aujourd'hui ? Paris Hilton ?
Le savoir n'est plus la valeur à la mode, le fric est partout dans leur tête. L'équation savoir égal métier égal respectabilité ne se fait pas.
Dolto y perdrait ses convictions. Un autoritarisme à l'ancienne ne fonctionnerait pas sur cette nouvelle génération.
Les élèves d'aujourd'hui regarde Cauet, admire Paris Hilton, Ronaldo ?...l'indiscipline est devenue elle même une caleur? L'inculture n'est pas un désavantage, bien au contraire ?
La vanne est parée de vertue, l'irrespect et la culture ludique de l'indiscipline prédominent.! Zemmour lui même se contredit en s'affichant chez Ruquier dont la réflexion et l'analyse sur les événements paraissent secondaires sur le réflexe de moquerie.
Ne demandons pas à notre jeunesse une maturité que nos adultes ne sont pas capables d'avoir ?