Lundi 21 avril 2008

Lundi 21 avril 2008
Plombantes tristesses, la joie recherchée et fuyante.
Humeurs baudelairiennes, mes vices sans essors.
Lire le début et la fin des vers de Baudelaire de chaque poème, éviter le remplissage narrative du milieu!
Le style a ses geoliers. Baudelaire luttant contre sa propre censure et oui!


Les grands écrivains ont su faire de leur cécité au pire une marque de fabrication, au mieux une oeuvre, une émotion, une vision à partir de leur aveuglement. Rimbaud est le seul me semble t-il qui n'ait jamais perdu complétement la vue ! Qu'a t-il fait: de ses yeux, il les a mis sur ses jambes, sur son corps ? Jamais il a clos sa personne sur une aveuglante doctrine ? Une idéologie ? Au final il a cessé d'écrire pour ne plus jamais perdre la vision.

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# Posted on Monday, 21 April 2008 at 4:56 AM

Edited on Friday, 18 September 2009 at 9:20 AM

Dimanche 20 avril 2008

Dimanche 20 avril 2008
Je travaille avec ma compagnie de théâtre,
Mes jambes sont lourdes, les mollets tétanisés. La cheville a gonflé, triplé de volume.

Je vais voir mon médecin du sport, verdict: phlébite. Danger d'embolie.

Je me fais moi même les piqures sous cutanées.

La Chine de Sollers, comme la chrétienneté de Sollers, l'hédonisme libertin et le XvIII ème siècle de Sollers, n'agissent que comme des sous continents érotiques irréels et transfigurant.
La vision s'embue d'une vapeur de paradis artificiels! De fantasmes certes pré puberts d'écrivain réveillant de belles sonorités perdues...
L'aveuglément de sollers c'est son merveilleurx, c'est justement parce qu'il se rêve voyant comme Rimbaud, qu'il nous touche comme une jeune amoureuse avauglée par la beauté des ses amants.

Et si Sollers n'aura été que la jeune amoureuse de Rimbaud, Picasso, Sade etc...son Mao érotique, sa Venise érotique, quelle belle amoureuse, il a été ! Et que de beaux amants !!!








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# Posted on Sunday, 20 April 2008 at 8:05 AM

Edited on Friday, 18 September 2009 at 9:49 AM

15 avril 2008

15 avril 2008
Confession d'un rat.

Je m'ennuie ferme. J'essaye de comprendre l'obstination que j'ai de me mettre en échec.
Pourquoi ai je si peur de réussir ?
Quelque soit le niveau de la réussite ?

Mon père m'a écrasé, il m'a toujours rabaissé.
Il répondait à ma mère qui préférait ses enfants à son mari.
Nous avions les mille grâces qu'il n'avait pas.
Quand le père partait, la mère se défoulait sévérement, et nous n'étions plus que des sales gosses incapables de la satisfaire entièrement.
En partant le père partait avec son sexe, en laissant seule la mère avec ses gamins au pénis récalcitrant.
Je n'ai jamais pu combler ma mère, aucun n'enfant ne le peut, mais ma mère s'est obstinée à nous faire croire que nous le pouvions.
Nous n'étions que des objets insatisfaisants du point de vue du père et de la mère: doublement castrés.

Mon frère lui mangeait tout ce qu'on lui donnait, c'était sa manière à lui de presque la combler. Moi, je devais la rassurer, la protéger. Le père lui avait le seul droit d'être sexué...hai et désiré.

A douze ans, je me persuade que Dieu va venir me chercher, et que j'en aurais fini avec cette vie là.
J'explique à mon frère qu'il devra dire à mon père et à ma mère, et si possible ensuite au monde entier quel être exceptionnel je fus (Quand on a pas le droit d'avoir un sexe on l'imagine très très grand).

D'où me vient que petit je me suis persuadé d'avoir un destin et un talent...pour compenser quel déséquilibre ?

Je serais acteur puis metteur en scène. Souvenir de mon père à Palavas les flots me disant que pour être acteur il faut être beau.

Regard à l'horizon déjà Rimbaldien: il verra.

Je ne suis pas mort à douze ans. Dieu ne m'a pas fait venir à lui. Après une tumeur au cerveau à 16 ans, le divorce de mes parents, je me retrouve seul.

Mon père me voit en cachette, sa nouvelle femme ne m'aime pas.
Ma mère vit au Maroc et nous nous parlons plus.
Mon père s'est servi de moi pour punir ma mère du divorce.
Ma mère a tenu à m'éloigner pour refaire sa vie.
J'étais dangereux, enragé, selon l'expertise de son avocat.

Quand ma mère reprend contact avec moi après qu'elle ait eu un enfant avec son nouveau mari; je conditionne inconsciemment nos retrouvailles au fait que ma mère soutienne mon désir de devenir écrivain. Brusquement je redevenais le gamin génial, le gosse talentueux, et ce talent je lui devais car elle avait toujours voulu écrire, faire une carrière brillante....elle se rappropriait le truc.
Ce n'est pas mon talent, c'est le sien. Je pouvais avoir du talent, elle pouvait bien me le dire, me le faire croire, jouer le jeu, à condition que je reste encore l'enfant sans sexe: "Si tu avais eu un sexe, je n'aurais pas eu à souffrir de mon mari". Voilà la trame...

La réalité c'est que je suis le seul à avoir cru en moi, et de manière d'ailleurs parfaitement imaginaire, puisqu'il fallait que je m'attribue d'une fonction, d'un membre, et puis, j'ai travaillé pour essayer de rattraper la réputation que j'imaginais devoir avoir. J'ai travaillé pour me dire que j'avais quelques possibilités en tant qu'être sur cette terre. Mais l'écriture ne vous donne pas un sexe. L'écriture me laissait dans le projet de la mère, de m'imaginer homme sans avoir l'autorité de l'être. Réussir exige que vous soyez défini sexuellement. Je suis indéfini.

On a besoin d'autres regards sur soi que ceux de l'imposture familliale. Les femmes qui m'ont eu dans leur vie, dans leur lit, dans leurs corridors, tout en ayant parfaitement vérifié que j'étais membré d'un sexe d'homme, (il faudrait leur demander), en s'en étant amusé, joyeusement, et régalé, ne pouvaient être ensuite que rejetées, déçues par mon comportement de non homme, jamais aimées (elles elles avaient mon sexe, en jouissaient mais elles n'auraient pas mon amour), en permance contredite sur ce que je leur laissais entrevoir...

Réussir, c'est pouvoir, pouvoir, c'est admettre que la mère se trompait, qu'elle se trompe et que l'inceste dont j'étais menacé, et auquel je répondais en me dissociant de mon sexe, de ma sexualité, de mon corps...n'est plus qu'une ombre sans consistance.


Revue de Presse:
Zemmour qui voit dans les Pédagogistes les meneurs manipulateurs pervers des manifestations de jeune.
Sa ferveur pour un retour pédagogique d'avant 68. Zemmour qui ne conçoit pas que l'autoritarisme d'antan ne colle pas avec l'époque. Les violences des jeunes ne sont pas celles d'hier.
Les pédagogies post 68 sont excellentes en tant que tel mais non adaptées aux réalités comportementales des jeunes d'aujourd'hui.
Pour autant un retour aux vieilles méthodes ne donneraient rien.
Avant les années cinquante l'autorité imposait respect et savoir. Après 68, on s'appuie sur l'idée (théorique) que l'enfant, l'adolescent doit solliciter le savoir, qu'un savoir est un échange et non un rapport de force (en réalité cette approche n'a jamais pu être appliquée, du fait d'une contradiction avec les impératifs des programmes).

Avec le virage du siècle et une ressurgence et augmentation des incivilités, l'élève d'aujourd'hui (surtout dans les zones en difficulté) a de plus en plus de mal à être solicité sur son désir de connaissance.

Vient-il seulement en classe pour apprendre. Lécole est un terrain de construction identitaire, un terrain de jeu et de chasse, accessoirement de savoir.

Le problème ne vient pas de l'élève qui investit ce qui semble pour lui porteur pour sa vie de demain.

L'époque a et continue de discrétiter le savoir (ignorance des élites). Ce que l'enfant perçoit parfaitement ?
Que sont les exemples de réussite aujourd'hui ? Paris Hilton ?

Le savoir n'est plus la valeur à la mode, le fric est partout dans leur tête. L'équation savoir égal métier égal respectabilité ne se fait pas.

Dolto y perdrait ses convictions. Un autoritarisme à l'ancienne ne fonctionnerait pas sur cette nouvelle génération.

Les élèves d'aujourd'hui regarde Cauet, admire Paris Hilton, Ronaldo ?...l'indiscipline est devenue elle même une caleur? L'inculture n'est pas un désavantage, bien au contraire ?
La vanne est parée de vertue, l'irrespect et la culture ludique de l'indiscipline prédominent.! Zemmour lui même se contredit en s'affichant chez Ruquier dont la réflexion et l'analyse sur les événements paraissent secondaires sur le réflexe de moquerie.

Ne demandons pas à notre jeunesse une maturité que nos adultes ne sont pas capables d'avoir ?
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# Posted on Wednesday, 16 April 2008 at 9:00 AM

Edited on Friday, 18 September 2009 at 10:05 AM

13 avril 2008

13 avril 2008
Long weed ennuyeux.
J'ai plus de difficulté pour marcher que la semaine dernière, mes beaux mollets font un rejet de mes attèles.
Caresses matinales, valse clitoridienne, ma belle Amie n'attend aucune fougue de ma part, elle a cette générosité orientale de se faire des festins à partir de restes.
Les promesses sont dans les restes.

J'ai vécu plus de 20 ans sous le seuil de pauvreté, j'ai toujours été logé, j'ai eu ce luxe.
D'abord ce fut par choix, volonté d'un romantisme rimbaldien pubert, puis par aspiration stoicienne (apprendre à se déprendre, cultiver la force en soi en domptant les besoins et fausses envies), puis il a bien fallu travailler (quand mes déesses femmes ont cessé de me nourrir), se loger, payer ses taxes, avoir une carte d'identité (je n'en avais plus, je me vivais comme un disparant).

Mais que valent sur le marché du travail toutes ces années d'école buissonnière ?
Le savoir ingurgité, et expérimenté d'un va nu pied ?
Le savoir ne vaut que s'il est validé par une école, un diplome. Rimbaud, Beckett n'ont pas validé mes diplomes ?
J'attends encore leur appréciation!

J'ai donc fait les boulots qu'on laisse à ceux qui n'ont aucun diplome, vendeur de pizza un jour, hôte d'accueil deux semaines, téléopérateur, téléconsultant...etc.
Je n'ai rien appris sur l'homme que je ne savais déjà, bêtise territoriale, et fascination hiérarchique.

Quand je ne travaillais pas mes journées étaient parfaitement organisées.
Pas d'alcool, pas de drogue, une rigueur implaccable.
Lever 8 ou 9h: écriture.
Puis philosophie: lectures, réflexions, petits jeux de question réponse.
Kant interrogeant Sartres.
Anglais l'après midi!
Promenade canaille.
Ecriture.
Le soir: lecture historique...politique.
Avant de se coucher : un auteur par siècle.
Vers 25 ans, je me suis mis à la biologie, aux mathématiques, et à l'éthologie.!

De tout ça, j'ai accumulé 15 pièces de théâtre,
cinq romans inachevés.
400 poèmes...
Une dizaine de scénarios de films.

Une pauvreté rare, une incapacité à mettre pied dans le monde de l'argent.

Trois de mes pièces ont été joué.
Antoine Gallimard en a vu une, et apparement apprécié mes belles comédiennes...surtout mes comédiennes, plus que le texte, il a eu bien raison, et puis j'ai raté le coche, en sabordeur génial. Je crois bien que c'est mon seul talent.
Oui de me sabroder, je sais écoper, créer en écopant.

Petit à petit je me suis dirigé vers le théâtre comme acteur, je voulais réconcilier et la lettre et le corps.
J'ai appris très vite les grands méthodologistes du théâtre!
J'ai crée une compagnie de théâtre qui se produit, et qui tourne, dans un anomymat salutaire, puisque l'éventualité de gagner de l'argent me terrifie.

Désolé de parler autant de moi...
il semblerait que je ne l'ai pas assez fait.
Je me recouche honteusement...

Revue de presse:

La paupérisation galopante du monde.

Le facho Zemmour traitant les lycéens de crétins analphabêtes.
Zemmour nous a bien écrit récemment le livre le plus mauvais de la rentrée, d'une démagogie sans nom, au style maladroit...et pour autant on ne l'empêche pas de s'exprimer!

L'incapacité des penseurs de droite à regarder leur réalité en face: à savoir que nous avons le gouvernement le plus mal gouverné de ses cinquante dernières années.
Aucune ligne claire, des contradictions à répétition. Des couacs sur couacs.

Un président qui ne sait toujours pas être président ! Et qui ne sait pas s'accepter tel qu'il est, se voir tel qu'il est, moins puissant qu'il ne se rêve
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# Posted on Monday, 14 April 2008 at 11:41 AM

Edited on Saturday, 19 September 2009 at 4:19 AM

11 avril 2008

11 avril 2008
Toujours cette difficulté pour marcher,
la chance de voir le monde autrement en lenteur.

Je me rappelle que j'avais lu Michel Onfray à 19 ans, et qu'il était resté ma lecture de vacances.
D'autres ont leur roman de gare, moi j'avais ma philosophie de gare.
Je ne pense absolument pas que ce soit péjoratif.

La vulgarisation est un acte fort, il faut des creuseurs de tunnels, et des constructeurs de ponts.
Des passeurs de témoin. Des marqueurs d'histoire.

Je préférais à l'époque l'invitation à me rendre dans des chapelles hédonistes, rencontrer Diogène ou
Epicure, Casanova, aux paroisses et temples où l'on prêche la morale et l'encens.

J'aimais cette idée de philosophie qui vous encourage à sortir du bahut, et à pousser votre chair dans les chemins de l'école buissonnière, dans des périles agréables.

Pour autant Kant n'est pas indissociable de Nietzche, Marx d'Hegel, et cette division partisane, cet esprit très français de se caster, en prenant camp dans sa meute, sa mère patrie, me semble être un non sens, ou stérilité rhétorique, duperie de posture égotique, appauvrissement de l'esprit.

Il a fallu des maîtres rigides et austéres, rigoureux, avant que la liberté, le désir de liberté, se fasse assez fort, pour que le sujet cherche à voler de ses propres ailes (Avec Foucault L'icare tombe).

Kant et ses carcans ont permis le sol à partir duquel Schoenhauer et Nietzche ont tenté l'envol.

Et c'est un chrétien intime qui a dans un paradoxe si magnifique au mouvement de la pensée, a fait naître l'existentialisme athée.
La ferveur du sujet cherchant à s'objectiver...le je de Descartes renversé.

Chez Onfray il y'a trop de ce qu'il reproche aux philosophies figées: des fixations qui marquent, ouvrent son esthétisme tout en l'enfermant...il a ses bêtes noires.

Le mouvement implique que nos bêtes noires finissent par s'évaporer ou qu'elles se mutent. Nous n'avons pas besoin pour nous construire de détruire des murs pour en construire d'autres ?

Laissons nous aller murs ouverts, sans se méfier de la dérive schizo...rappelons qu'il y'a encore peu les navigateurs craignaient de voyager trop loin des côtes de peur de tomber dans les abîmes qu'ils croyaient bordant la terre.
La pensée, l'esprit n'est pas bornée d'abîmes.

Avoir bon pied bon oeil.




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# Posted on Friday, 11 April 2008 at 4:28 AM

Edited on Saturday, 19 September 2009 at 4:39 AM